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Loisirs - Rencontres aussi dans la presse :

Aurore
  Aurore , comme son titre ne l’indique surtout pas, est un livre cruel. On se dit, « ce coup là, le philosophe-artiste a fait dans la métonymie : l’aurore, c’est la philosophie de l’avenir, la philosophie nouvelle débarassée des préjugés moraux... ». Moi, lecteur révolté et dissident, j’y vois le bréviaire du contestataire, les aphorismes de l’insurgé de service. Hélas, au risque de décevoir les plus exaltés d’entre-nous, Nietzsche, encore une fois, ne nous caresse pas dans le sens du poil. Et c’est bien là sa cruauté.   En presque six cents maximes, le philosophe au marteau, sort l’artillerie philosophique  lourde et tire à bout portant sur l’idéologie qui fonde notre société, et avec elle, notre système de valeurs, auquel nous sommes si attachés. Cruauté d’arracher à l’homme, tel à un enfant gâté, ses jouets les plus chéris, mais qui sont le principe même de sa corruption. Cruauté de nous priver des fondements moraux les plus assurés et de nous contraindre d’assister à leur disparition. Cruauté de te jeter dans les couloirs du temps, dans l’intemporel, contre les modes et les tendances, orphelin de toute métpahysique, pour ta résurrection. Et c’est bien là le sens du recueil. Des propositions pour une renaissance. Des préceptes fondateur d’une nouvelle humanité, au-delà de la morale, au-delà du christianisme, de la démocratie, des droits de l’homme, et avec eux, du chorus des vertus traditionnelles : justice, tempérance, tolérance, générosité, honnêteté... L’Aurore est donc ce moment douloureux et éclatant où l’individu, aveuglé par la puissance du soleil, doit se lever, les membres encore fourbus, le corps exténué de son sommeil dogmatique , l’esprit anéanti par un éternel coma rationnel.   La présente édition reprend la traduction de Henri Albert, faite sur le quatrième volume des Œuvres complètes , publié en 1894 par le Nietzsche-Archiv , chez C. G. Naumann, à Leipzig.   Ce livre s’adresse à ceux, qui, fébriles devant le monument poético-philosophique du Zarathoustra , trouveront une approche plus pédagogique de la philosophie de Nietzsche. 
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d’ici là n°1 | Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêve
Le premier numéro de la revue d’ici là est consacréà notre rapport au quotidien, au banal : Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. « Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ? » Georges Perec, L’Infra-ordinaire , Seuil, 1989. Sommaire du numéro : Gilles Amalvi, Félicia Atkinson, Ludovic Bablon, Isabelle Boinot, Raymond Bozier, Mathieu Brosseau, Michel Brosseau, Philippe Cou, Pierre Coutelle, Philippe De Jonckheere, Caroline Diaz, Armand Dupuy, Stéphane Dussel, Pierre Escot, Guillaume Fayard, Pierre-Yves Freund, Rémi Froger, Olivier Guéry, Déborah Heissler, Amande In, Anne Kawala, Frédéric Lavignette, David Lespiau, Arnaud Maïsetti, Xavier Makowski, François Matton, Pierre Ménard, Matthieu Mével, Grégory Noirot, Lolita Picco, Philippe Rahmy, Hubert Renard, Esther Salmona, Anne Savelli, Joachim Séné, Thibault de Vivies. 36 auteurs / 90 pages Présentation des auteurs : Gilles Amalvi est écrivain. Néà Paris en 1979. Il vit à Nantes. Il a publié Une fable humaine au Quartanier (coll. « Phacochères », 2005). Ses poèmes sont parus dans diverses revues, dont Grèges , Moriturus , Le Quartanier et La mer gelée . Il a complété une maîtrise sur Henri Michaux et Paul Celan. Conférencier au musée des Beaux-arts de Nantes, il collabore également avec le festival des Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis. Félicia Atkinson est dessinatrice et musicienne. Elle collabore régulièrement avec le musicien Sylvain Chauveau ou la danseuse Élise Ladoue (stretchandrelax) et a fait des performances à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain , au Plateau Frac Île de France , au Point Éphémère , à la Knitting Factory , à l’ Empty Bottle . Elle a exposéà la galerie Yukiko Kawase et réalisé deux albums avec stretchandrelax chez nowaki et rainmusic . Ludovic Bablon est écrivain. Né en 1977 à Chaumont. Ludovic Bablon vit à Marseille. Il a fait des études d’histoire et de documentation. Ses premiers livres sont parus chez L’Amourier ( Perfection , 2000. Tandis qu’Il serait sans parfum , 2002) et Hache ( Histoire du jeune homme bouleversé en marche vers la totalité du réel , 2003). Il a collaboré au Matricule des Anges . Isabelle Boinot est dessinatrice. Née en 1976, Isabelle Boinot est parisienne. Elle officie également au sein du collectif Frédéric Magazine. Elle a publié entre autres Montre tout (Arts Factory) et Nicoptine (En marge). Elle fait partie du collectif Frédéric Magazine . Raymond Bozier est écrivain. Il néà Chauvigny dans le département de la Vienne. Il vit actuellement à La Rochelle. Il a écrit plusieurs ouvrages : Lieu-dit , roman, livre de poche, 14595. Bords de mer , Flammarion, 1998. Abattoirs 26 , Pauvert, 1999. Rocade , roman, Pauvert, 2000. Les soldats somnambules , roman, Fayard, 2002. Mathieu Brosseau est écrivain. Néà Lannion dans les Côtes d’Armor en 1977. Il a publié plusieurs recueils de poésie : De L’Aquatone (La Bartavelle éditeur, 2001). Surfaces, journal perpétuel (Editions Caractères, 2004). La nuit d’un seul , texte à paraître en 2009 dans la collection La Rivière échappée . Et même dans la disparition , à paraître aux éditions Wigwam en 2010. Créateur de Plexus-s.net . Il anime avec François Rannou la collection "L’inadvertance" pour "Publie.net" et collabore également à la revue "L’étrangère". Michel Brosseau Il vit à Orléans, on peut visiter son blog : À chat perché . Il vient par ailleurs de publier La Bac d’abord , aux éditions du barbu. Philippe Cou est écrivain. Né en 1967 à Concarneau (Finistère). Participations à Marelle , Sitaudis , fil AFP et les cahiers de Benjy et la revue X et le Dernier Télégramme et Plexus-s.net . Pierre Coutelle lit et écrit. Il est né en 1976. Il vit à l’extrême-orient de Paris, anime le site Commettre et prépare un texte sur un supermarché. Philippe De Jonckheere est photographe, graphiste, écrivain. Il est néà Paris en 1964. Il vit encore. Ce dont il conserve des traces quotidiennes dans un bloc-notes . Il a publié deux ouvrages chez Publie.net, en 2008 : Désordre, un journal . Robert Frank photographe . Caroline Diaz est illustratrice. Née en 1970 à Alger. Après des études à l’ Ecole des Arts Appliqués Duperré , elle crée avec Céline Héno et Sophie Adary la société Mini labo , une marque d’objets et d’images dessinés. Elle a publié avec Pierre Ménard un livre édité par Actes Sud Junior en 2008 : Quand tu t’endors . Armand Dupuy est écrivain. Né en février 1979. Il vit à Saint-Jean-la-Bussière, près de Lyon. Il a publié deux ouvrages chez Publie.net en 2008 : Distances . dehors / hors de / horde . Stéphane Dussel est peintre. Il vit à Lyon. On peut découvrir son travail plastique sur son blog . Il écrit également sur un autre blog Automaton . Pierre Escot est écrivain et vidéaste. Il co-dirige avec Guillaume Goutal les éditions PEGG, livres d’artistes en noir et blanc. Il a publié Orbe 20 : Trilogie de la main droite et Raison Basse , collectif aux éditions Caméras Animales. Planning aux éditions PPT. Occiput , éditions Derrière La Salle De Bains . Guillaume Fayard est écrivain. Néà Lyon en 1975, vit à Marseille. A participé aux Inédits 2004 du cipM, puis co-fondé la revue en ligne peauneuve.net. Il dirige aujourd’hui la revue en ligne Myopies . Aux éditions du Quartanier , participe dans la foulée de la publication de Sombre les détails en octobre 2005 au comitééditorial de la revue et co-dirige la collection Phacochères . Fait occasionnellement de la critique (Revue Le Quartanier, Sitaudis, CCP, La Voix du Regard), et de la traduction. Pierre-Yves Freund est artiste. Né en 1951. Il vit à Augerans, dans le Jura. Pierre-Yves Freund travaille depuis les années 1990 sur les notions de trace, mémoire et empreinte à travers des œuvres reliant sculpture et installation. Il a exposé son travail dans de nombreuses galeries. Vol d’image , distribution sélective d’images photographiques, action en cours depuis 1997. Rémi Froger est écrivain. Né en 1956. Il vit et travaille en bibliothèque à Cahors. Il a publié deux ouvrages chez P.O.L. : Chutes, essais, trafics (2003) et Des prises de vue (2008). Il a publié Peintures et revêtements , Carte Blanche, 1999. Chez Publie.net : Routes, repérages . Il a notamment coordonné le numéro de la revue Fusées consacréà Bernard Noël, ainsi que celui consacréà Gherasim Luca. Olivier Guéry est masseur-kinésithérapeute. Né en février 1977. Il vit à Paris. Il tient le blog Une voix parvient à quelqu’un dans le noir . Déborah Heissler est écrivain. Née le 5 mai 1976 à Mulhouse (Alsace). Doctorat soutenue en Littérature Française et intégration du Centre de Recherches sur l’Europe Littéraire de l’Université de Haute Alsace. Elle a publié plusieurs ouvrages de prose et de poésie : Près d’eux, la nuit sous la neige , éd. Cheyne, , 2005 (Prix de Poésie pour la Vocation, Fondation Bleustein), Sur l’arbre de Judée , Cahiers slaves, Paris IV – Sorbonne, 2005, Hors série n°7, L’adieu au tilleul , illustrations de Yannick Leider et Hanna Chroboczek, Bacchanales 34, Revue de la Maison de la poésie Rhône-Alpes, 2004. A paraitre : Scherzando , Cahiers slaves, Paris IV – Sorbonne, Hors série. L’orientale , Cahiers slaves, Paris IV – Sorbonne, Hors série (Prix Henry Durand 2008). Amande In est artiste. Née en 1981 aux Lilas. Elle vit et travaille à Paris et à Prague. Après avoir fait l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (atelier Jean-Luc Vilmouth), entre 2003-2006, elle a montré son travail dans de nombreuses expositions . Anne Kawala est artiste. Des études au DNSEP aux Beaux-Arts de Lyon et à la Lousiana Tech University de Lousiane, aux Etats-Unis. Anne Kawala pratique la poésie visuelle (sous forme de cartons d’invitations, ou d’objets adressés) et la poésie sonore écrite pour des lectures / performances dans des cadres spécifiques, liés en particulier à des expositions d’art contemporain. F.aire L.a F.eui||e avec une préface de Patrick Beurard-Valdoye, est paru aux éditions du Clou dans le Fer (collection expériences poétiques, dirigée par M. Batalla, en 2008. Frédéric Lavignette est journaliste depuis 1994, après un DEA en Sociologie des mass-medias. Il vit et travaille à Paris. Il a participéà la collection d’images de Château-Landon initiée par Hubert Renard. Il est l’auteur de La bande à Bonnot : A travers la presse de l’époque , paru chez Fage éditions en 2008. David Lespiau est poète. Né en 1969 à Bayonne, vit et travaille à Marseille. Co-fondateur de la revue ISSUE avec Éric Giraud et Éric Pesty (cinq numéros parus, 2002-2005). Interventions régulières pour CCP cahier critique de poésie (cipM). Derniers livres parus : De l’électricité comme moteur , éditions de l’Attente, 2006. Réduction de la révolution la nuit , Contrat Maint, 2005. Quatre morcellements ou l’affaire du volume restitué , Le Bleu du ciel, 2006. [or est un mot minuscule] , éditions de l’Attente, H.C. 2006. La Fille du département Fiction : carnet Hawaï , éd. de l’Attente, 2008. Arnaud Maïsetti est écrivain. Né en 1983, Arnaud Maisetti est agrégé de lettres modernes et termine actuellement ses études de lettres à Paris. Où que je sois encore , son premier livre, est paru dans la Collection déplacements , aux éditions du Seuil, en 2008. Depuis juillet 2006 intervient régulièrement sur son blog Contretemps / Journal . Il participe également au site collectif persona . Xavier Makowski est artiste. Né en 1976, vit et travaille à Sainte-Cécile-les-vignes dans le Vaucluse. Depuis plusieurs années, Xavier Makowski explore le thème des « ruralités contemporaines ». Avec Aurélie Peyron ils créent « Les Nouveaux Ruralistes » en 2001. Ses travaux et projets en cours « Travaux saisonniers » sont visibles sur son site personnel . François Matton est dessinateur, écrivain. Néà Paris en mars 1969. Après avoir effectué ses études à l’École d’Art et de Design de Reims, François Matton oriente progressivement sa pratique artistique vers le dessin et vers la narration. Il est l’auteur de livres mêlant textes et dessins, publiés pour la plupart aux Editions P.O.L. Il vit et travaille actuellement à Paris. Parutions aux éditions P.O.L. : J’ai tout mon temps (2004). De pièces en pièces (2007). Sous tes yeux (2008). Chez d’autres éditeurs : Lignes de fuites , éditions Dumerchez, 1999. Comment j’ai cassé mes jouets , petit POL, 2005. Crabe sur son île , petit POL, 2006. Pierre Ménard est écrivain. Né en 1969. Il vit à Paris. Présent au travers d’interventions en revues, ainsi que sur supports sonores et sur internet, il anime depuis 2004 la Zone d’Activités Poétiques Marelle ainsi que deux podcasts audios : Marelle Radio et Page 48 . Il tient également au quotidien un bloc-notes poétique sur internet . L’ensemble de ces travaux est disponible sur son site : Liminaire . Dernières parutions : "Le spectre des armatures"éditions Le Quartanier , 2007. En avant marge , Publie.net, 2008. En un jour (avec Esther Salmona), Publie.net, 2008. Il me sera difficile de venir te voir (ouvrage collectif), Vents d’ailleurs, 2008. Quand tu t’endors , éditions Actes Sud Junior, 2008. Matthieu Mével est auteur et metteur en scène. Il vit à Rome. Il donne un cours sur les écritures contemporaines à l’université d’Evry Val d’Essonne et s’intéresse particulièrement au théâtre et à la poésie. Il a travaillé depuis 1998 dans des théâtres (théâtre de La Main d’or , Paris, théâtre des Amandiers , Nanterre, théâtre Kleist Forum , Frankfurt/Oder), des galeries (Galerie Mercer Union, Toronto, Galerie Italienne, Paris, Casa Vecina, Mexico) et réalisé des performances à Copenhague, Bruxelles, Rome, Toronto, Paris, Dieppe, Mexico. Grégory Noirot est écrivain. Il a publié en 2005, chez Melville/Leo Scheer, un ouvrage intitulé Dictionnaire zéro (coécrit avec Nicolas Boissier). Lolita Picco est graphiste. Née en septembre 1986. Vit et travaille à Marseille. Hubert Renard est artiste. Né le 12 janvier 1965 à Lyon. Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon) en 1989. Il vit et travaille à Paris. Dernières publications : Des Illusions ou l’invention de l’art un livre d’Alain Farfall - Editions Incertain Sens, Rennes, 2008. Catalogue - Editions PEGG, Coffret n°2, La Rochelle, 2008. De nombreuses expositions . Philippe Rahmy est écrivain et vidéaste. Néà Genève en 1965. Il est atteint de la maladie des os de verre. Philosophe de formation, égyptologue de prédilection, il vit à Lausanne et fait partie des membres fondateurs de remue.net créé par François Bon. A publié : Mouvement par la fin, un portrait de la douleur , Cheyne Editeur, collection Grands Fonds , 2005 et Demeure le corps , chant d’exécration , et Architecture nuit , Cheyne Editeur, collection Grands Fonds , 2007. Ainsi que deux textes, aux éditions Publie.net : Architecture nuit et SMS de la cloison . Esther Salmona est artiste. Diplômée de l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles et du Centre de recherche en art audio Locus Sonus (Beaux-Arts Aix-en-Provence / Nice-Villa Arson). Elle travaille actuellement avec des artistes sonores, philosophes, écrivains, fait des lectures et continue d’écrire (elle tient notamment un journal irrégulier d’écoute de flux sonores en temps réel  : carpophores.blogspot.com). Une partie de son travail est disponible sur le site Hyphes . Elle a publié en collaboration avec Pierre Ménard : En un jour , chez Publie.net. Anne Savelli est écrivain. Née en 1967 à Paris, où elle vit et travaille actuellement. Elle est l’auteur de Fenêtres/Open space , écrit en 2007, et de Cowboy Junkies / The Trinity Session écrit en 2008, deux livres parus aux éditions Le mot et le reste . Joachim Séné est écrivain. Né en 1975 à Amiens, Joachim Séné vit et travaille en région parisienne. En 1999, en refermant Écrire de Jean Guenot et le Verbier de Michel Volkovitch, il court s’inscrire à l’atelier « Tisserands des Mots » de Pierrette Epsztein. Soirées lectures, publications dans la revue Filigranes et Le Monde Informatique . Il tient un blog ( Journal Ecrit ) depuis 2004. En septembre 2008, il a publié Hapax chez Publie.net. Thibault de Vivies est écrivain. Né en 1970. Il a publié quelques textes courts dans plusieurs revues dont La revue des ressource. Certains de ses textes ont été adaptés au théâtre par Maryline Klein et Françoua Garrigue et au cinéma par Derek Lepape. Son premier roman intitulé Me suis fait tout seul a été publié en 2002 par les éditions Pétrelle et l’est à nouveau en 2007 par les éditions Jets d’encre. Son deuxième texte long Tentative de pourquoi j’ai toujours si mal à la tête a été diffusé en 2008 par Publie.net. Direction artistique : Pierre Ménard A noter : Vous pouvez lire la revue en la feuilletant de façon classique, comme une revue ou un livre classique, de gauche à droite, et de la première à la dernière page. Mais vous pouvez aussi naviguer grâce aux liens hypertextes (laissés volontairement invisibles pour renforcer leur aléatoire découverte) qui enrichissent l’édition de cette revue. À partir du sommaire, page 3 (nuages des auteurs) ou pages 4 et 5 (vignettes des pages), en cliquant sur les noms des auteurs. Sur la page de destination, vous pouvez à tout moment revenir au sommaire de la revue en cliquant sur le nom de l’auteur figurant sur la page. PM   Courrier : directement à Pierre Ménard , merci. Sites des auteurs présents dans ce numéro : [ 1 ] revue trimestrielle de création numérique 2008-12-21 revue trimestrielle de création numérique et littéraire 978-2-8145-0183-6 publienet_DICILA01 [ 1 ] Gilles Amalvi Low Fi : Felicia Atkinson Ludovic Bablon Isabelle Boinot Mathieu Brosseau À chat perché : Michel Brosseau Junte : Philippe Cou Commettre : Pierre Coutelle Bloc-notes du désordre : Philippe De Jonckheere Mini labo : Caroline Diaz Tessons : Armand Dupuy Stéphane Dussel Revue Myopies : Guillaume Fayard Pierre-Yves Freund Ralentis, de Rémi Froger Olivier Guéry Déborah Heissler Amande In Anne Kawala cipM : David Lespiau Contretemps : Arnaud Maïsetti Ornière : Xavier Makowski François Matton Liminaire : Pierre Ménard Grégory Noirot (gr.0) Philippe Rahmy Hubert Renard Hyphes : Esther Salmona Fenêtres / Open Space : Anne Savelli Journal Écrit : Joachim Séné Tentative de journal de bord : Thibault de Vivies
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Toi au moins, tu es mort avant
1947. A peine sortie de la guerre, la Grèce est tombée dans le chaos. La droite, installée au pouvoir par les Anglais, et les forces de gauche s’entre-tuent dans un pays dévasté. Chrònis Mìssios, 17 ans, résistant communiste, est arrêté puis condamnéà mort. Gracié de justesse, torturé plusieurs fois, ballotté de prison en déportation, il va devenir, selon ses termes, un « prisonnier professionnel » : à sa libération définitive, en 1973, il aura passé en tout vingt et un ans de sa vie en détention. Cette histoire du prisonnier Mìssios, c’est lui-même qui la raconte, pendant toute une nuit, dans un déferlement de mémoire où les époques se bousculent, à l’un de ses camarades qui, lui, par chance, est « mort avant »— avant d’avoir connu la prison, mais aussi le pire : le naufrage de l’idéal communiste. C’est la première fois que la guerre civile grecque est racontée ainsi. D’autres ont déjà décrit ses horreurs, mais Mìssios est le premier ex-communiste à oser montrer le Parti tout nu : ses martyrs admirables, d’un dévouement total, mais aussi ses dirigeants, rendus souvent aveugles et sourds par l’égoïsme et la bêtise, plus dangereux pour leur cause que l’ennemi lui-même. Si les Grecs se sont rués sur ce livre — il s’est vendu à plus de cent mille exemplaires, événement rarissime là-bas —, c’est d’abord qu’il a brisé un tabou, rouvert la vieille plaie infectée. Toi au moins... date de 1985. Depuis, le communisme a pris d’autres coups, et on se dira peut-être, à quoi bon remuer encore le cadavre ? Mais ce serait prendre un tel livre pour ce qu’il n’est pas : une étude historique ou un pamphlet politique. Si les grands événements y sont évoqués, c’est de façon allusive ; malgré la foule de personnages qu’elle fait revivre, et le rôle important qu’y jouent l’amitié, la solidarité, cette histoire n’est pas essentiellement collective : c’est avant tout le récit d’une expérience intérieure. D’une descente en enfer. Cet enfer ; les matons sadiques et les petits chefs du Parti n’en sont que les deux premiers cercles, éternels comme l’oppression, terribles sans doute, mais moins que le troisième, qui passe à l’intérieur du prisonnier : c’est surtout contre lui-même qu’il se bat, contre la folie qui l’assiège, cette folie qui rôde ici partout, chez les victimes et les bourreaux, comme une obsession. On pourrait trouver ; dans d’autres temps, d’autres lieux, des enfers plus affreux encore que celui-ci ; mais ce qui fascine dans Toi au moins... , c’est justement que son héros, toujours près de sombrer ; ne sombre pas, qu’il demeure dans cette zone crépusculaire entre espoir et désespoir ; raison et démence, entre l’humain et l’inhumain ; c’est l’histoire d’un homme qui lutte pour rester un homme, à l’extrême limite de ce qu’il peut subir sans être détruit. Tu hésites peut-être, lecteur, à plonger dans la nuit de ces prisons, toi pour qui la Grèce est d’abord une belle image pleine de soleil. Rassure-toi. L’amertume du début du livre - et de la fin - n’est pas son dernier mot. Après la mort du rêve, l’ancien rêveur est encore là, fragile, meurtri, mais porté par cet amour forcené de la vie, cet humour chevillé au corps, qui l’ont maintenu vivant. Toi au moins... en arrive ainsi, malgré son sujet, àêtre souvent drôle et même réconfortant. On n’y trouve qu’une seule évasion, qui échoue de façon lamentable, et pourtant c’est avant tout l’histoire d’un homme qui se libère : de ses illusions, de sa peur, de sa haine. Les pages les plus émouvantes, justement, sont peut-être celles où les pantins cruels deviennent fugitivement humains ; où les humbles combattants des deux bords se découvrent un instant bien proches, pauvres jouets dans les mains indifférentes de leurs chefs ; où le héros distingue des salauds dans son camp et des braves types en face. Car ce qui le libère mieux que tout, c’est de comprendre peu à peu que le fanatisme, la haine sont sans doute la pire des prisons. Libre, Mìssios l’est aussi - logiquement - jusque dans l’écriture, le vocabulaire, la syntaxe, l’agencement du livre entier. Tu vas rencontrer quelques phrases tordues, des passages obscurs, des dialogues où tu ne sais pas toujours qui dit quoi... Sache que le lecteur grec n’est pas mieux loti. En traduisant, je n’ai pas voulu adoucir, affaiblir. Je voudrais que tu reçoives ce livre en pleine figure comme je l’ai reçu. Laisse-toi emporter par ce torrent d’histoires et de mots. Avant tout, écoute. Comme beaucoup d’auteurs grecs, Mìssios est un superbe conteur. Comme Taktsis, Kavvadìas, Hadzis ou Cheimonas (tous traduits chez nous désormais), il a su rester proche des racines populaires de la langue, et faire passer dans l’écriture toute la force de la parole. La prose grecque moderne est née avec les Mémoires de Makriyànnis, ce général de la guerre d’indépendance qui à trente ans ne savait pas écrire. Un siècle et demi plus tard, avec Mìssios, qui apprit à lire en prison à seize ans, c’est un peu la même voix qui retentit, venue des profondeurs du peuple, clamant ce que les puissants, les doctes et les malins ne veulent ou ne peuvent pas dire. C’est la même sainte fureur, la même passion, qui éclaire ces pages où tu t’apprêtes à entrer - lueur ténue, mais tenace, à l’image de ce pays toujours blessé, qui jamais ne meurt. MV
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